Annick Krasnopolski s’affirme d’emblée par sa présence au monde et aux autres, tissée de bienveillance et d’attention. De ses mains, elle donne vie à tout un univers qui nous renvoie à un passé étrange, mais si familier. Il en émane un parfum d’enfance, fait de douceur et de nostalgie. Mais cette nostalgie n’est pas tristesse, elle n’est pas regrets ; elle ne gomme pas le tragique de l’existence ; elle est plutôt le terreau sur lequel se fonde le présent et sur lequel fleurit l’espoir de l’avenir.
Son travail relève de l’art, parce que forgé à partir des matériaux même de son expérience, il débouche sur l’Ouvert cher à Hölderlin et Rilke.
 L’artiste nous parle d’elle, mais aussi du monde d’aujourd’hui et de celui de demain. Elle nous confronte aux défis actuels, aux tensions existant entre l’uniformité qui nous enserre et le différent qui nous agresse. Le semblable et le différent, elle nous encourage à les affronter les yeux grands ouverts. Elle crée ainsi du lien entre des morceaux de réel qui nous semblent dépareillés, dissociés. Son travail nous fait entrevoir la possibilité d’un futur qui ne repose sur aucune idéologie, qui fuit l’uniformité et qui débouche sur une harmonie enfin retrouvée. Là seront unis le visible à l’invisible, le semblable au différent.
 Elle ose prendre en compte la réalité telle qu’elle lui apparaît à travers son regard d’artiste. C’est ainsi qu’en puisant profondément en elle, Annick Krasnopolski accède à un universel enfin réconcilié.